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  A l'école
  porte plume ..
En 1979, nous arrivons dans un nouveau village, une nouvelle maison. C'est la première fois que je vais à l'école, et je suis la petite nouvelle. J'ai 7 ans, et j'entre au CE1. L'école se trouve juste derrière la maison : on la voit depuis la cuisine. J'emprunte tous les jours le chemin de terre battue qui relie l'école à la maison. Nous y jouons aussi, avec mes soeurs. Nous y faisons du vélo.
L'ecole d'Aubin Saint Vaast
On me voit à droite, avec mes deux sœurs sur leurs vélos.
A l'arrière-plan : l'école où les attouchements ont eu lieu.
Nous sommes dans le jardin de notre nouvelle maison.
  porte plume  
  Comme mes parents rentraient tard, j'allais à l'étude du soir. La maîtresse gardait quelques élèves et les aidait à faire leurs devoirs. Mes parents ne sont pas toujours rentré quand l'étude est finie. J'attends devant la porte de la maison, ou dans le chemin de terre. Je joue avec un garçon.
Il me demande : "Fais voir ta quéquéte !"
Je ne sais pas de quoi il parle, et pour ne pas paraître idiote, je dis : "non, plus tard"
Il me fait promettre.
  En rentrant, je demande à mes parents la signification du mot. On ne parle jamais de ça à la maison. C'est une chose qu'il faut cacher. La chose qui sert à faire pipi, il ne faut jamais la montrer à personne. Je suis embêtée, parce que j'ai promis à ce garçon. Il est gentil. Et une promesse est une promesse. A la maison, on ne ment pas, et on respecte ses promesses.
Le lendemain soir, je m'exécute. Je lève ma jupe. Mais auparavant, je lui demande d'en faire autant. Donnant-donnant !
 
  A l'école, on écrivait avec un porte-plume qu'on trempait dans l'encrier de porcelaine placé dans le coin de la table. A la veille de chaque vacances, on vidait les encriers, on les lavait et on cirait les tables. C'est la maîtresse qui préparait l'encre : un mélange noir-violet. On apprenait à écrire. Avec des pleins et des déliès. Sur un cahier à lignes, avec un papier buvard. Bon PointEn récompense, on recevait des "bons points", qu'on collectionnait pour les échanger contre des images. C'était une école à l'ancienne. Avec une phrase de morale à étudier chaque matin.
Les filles avaient des cours de couture et de broderie, pendant que les garçons avaient des cours de dessin, ou de sport. J'adorais le dessin, mais je n'avais pas le droit d'aller en faire avec les garçons. J'aimais bien aussi bouger, grimper aux arbres, faire de la balançoire plutôt que de rester dans un coin avec les autres filles qui comparaient leurs poupées. Je ne sais même pas si j'avais une poupée.   
salle de classe
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plumier
  Je continue de jouer avec ce garçon dans le chemin de terre, et de temps en temps, on se "fait voir la quéquéte". Je ne m'en souviens pas très bien : c'était un jeu comme un autre. Un jeu d'enfant, innocent.
Je ne pensais pas à en parler, ni à m'en cacher d'ailleurs.
Les jeux d'enfant, ça n'interresse pas les grandes personnes.
 
porte plume