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Les toilettes publiques
.. porte plume




Dans mon souvenir, tout c'est mélangé. Ca a duré trop longtemps.
Ils se moquaient de moi. Ils revenaient avec leurs copains. Ils étaient cinq. Toujours les mêmes. Et puis d'autres encore. Peut-être un grand frère. Je suis incapable de savoir leur âge : ils étaient seulement plus grands, plus fort, plus nombreux.
Plus intelligents aussi. Ils faisaient des gestes que je ne comprenais pas. Je sentais bien que ça venait d'ailleurs, qu'ils avaient appris ça ailleurs. A la télévision ?
Je ne savais rien de ce qu'un homme et une femme peuvent faire. Et eux se servaient de moi, de mon corps pour mimer l'accouplement. Des choses dont j'ai appris le nom beaucoup plus tard : cunnilingus, fellation... Heureusement, il n'y a pas eu pénétration. Peut-être étaient-ils malgré tout trop jeunes pour cela.

J'avais 7 ans. Il est impossible que la maîtresse n'ait rien vu. Ca se passait partout : dans les toilettes de l'école, dans la cours de récréation, et même dans la salle de classe. Aux abords de l'école, dans le chemin, les toilettes publiques sur la place. Ils étaient toujours là. Ils traînaient autour de la maison, m'attendaient, m'appelaient. C'était impossible de les éviter. Ils me cherchaient, me courraient après, m'attrapaient. Pour me toucher. Il y avait d'autres filles dont ils se servaient, comme moi.
Ca se passait tout le temps. Pendant 3 ans. Je ne pensais qu'à ça. Pas un instant de répit. Leurs mains dans ma culotte.
Ils riaient. Ils étaient plusieurs. J'étais plus jeune et plus naïve qu'eux. Ils inventaient des histoires, des mensonges, des fausses promesses. Ils jouaient sans cesse avec ma volonté d'arrêter, me faisant croire qu'ils s'excusaient, qu'ils n'allaient pas recommencer pour que je cesse de les fuir, puis jurant que c'était la dernière fois, pour me rendre plus docile. Juste encore une fois !
chiotte Ils avaient encore raconté une histoire, et j'avais encore été assez naïve pour la croire et me laisser attirer avec eux. Ils m'ont enfermée dans les toilettes publiques de la place de la Mairie qui se trouve juste à côté de l'école, juste à côté de la maison. Des chiottes turques.
La porte était ajourée en haut et en bas, et ils étaient tous là, à s'accroupir pour regarder par en dessous. Ils entraient chacun leur tour avec moi, pour me faire ce qu'ils voulaient. Ils se moquaient les uns des autres de leur manque d'audace, s'excitant mutullement à en faire plus.
Je me souviens des odeurs de leurs peaux, de leur excitation. Les odeurs d'urine des toilettes. Les odeurs de sexe.
Il y avait cette fois-là un garçon plus grand que je n'avais jamais vu. Peut-être le grand frère de l'un d'entre eux. Ils étaient tous impatients que ce soit son tour, pour voir ce qu'il allait faire. Comme un grand.
Il s'est placé derrière moi. A soulevé mes vêtements. Il me déshabillait plus que les autres, ce n'était pas habituel. J'avais peur. Incapable de penser ni de réagir. Comme si j'étais ailleurs.
Il était derrière moi. Je ne comprenais pas ce qu'il faisait. Ses mains partout. Il me forçait à me pencher en avant.
J'ai commencé à avoir peur, réellement peur, comme si j'allais mourir. A avoir mal. J'avais l'impression qu'il cherchait quelque chose : pour lui, ce n'était pas un jeu. J'ai le souvenir d'un caillou, d'une pierre qu'on essayait de faire rentrer de force dans mon corps : en fait, je crois qu'il essayait de me pénétrer.
  D'un coup, les garçons ont paniqué. Il y a eu un mouvement de précipitation. Quelque chose ne se passait pas comme ils le voulaient. Quelqu'un arrivait. Ils se sont enfuis comme une nuée d'oisillons, et je me suis retrouvée à moitié rhabillée, face à mon père. Il me cherchait et m'appelait depuis longtemps sans doute, car jamais auparavant il n'avait eu à s'aventurer si loin hors de la maison pour me trouver.
Quand il m'a vue, il ne s'est pas étonnée de me trouver dans les toilettes publiques, avec autant de garçons qui s'enfuyaient à son approche. Il a simplement dit : "viens manger, le repas est prêt."
porte plume